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Où atterrir ? est une expérimentation artistique, scientifique et politique

qui propose a des citoyen·nes, des agent·es de la fonction publique et des élu·es de mener l'enquête sur leur terrain de vie à partir de leurs attachements : ce à quoi ils tiennent et qui les fait tenir.

Carnet d'atterrissage

Le Collectif Rivage, créé à Bordeaux en 2020, réunit des artistes et des scientifiques.

Carnet d'atterrissage

A la manière d'un carnet de bord, l'équipe du Collectif Rivage a documenté le bourgeonnement de l'expérimentation "Où atterrir ?" entre 2021 et 2023.

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Atelier 14

Composer un paysage sonore

Où atterrir ? est une expérimentation artistique, scientifique et politique

qui propose a des citoyen·nes, des agent·es de la fonction publique et des élu·es de mener l'enquête sur leur terrain de vie à partir de leurs attachements : ce à quoi ils tiennent et qui les fait tenir.

La démarche associe les pratiques artistiques et cartographiques aux méthodes d'enquêtes pour redéfinir le territoire à partir des dépendances et revitaliser le cercle politique dans un contexte de mutation climatique.

1 — accueil convivial des participant.es

> 15 min avec toute l’équipe

 

Autour d’une boisson avec des biscuits ou des fruits pendant lequel on échange et on se met à l’aise avant de commencer l’atelier.

 

2 — présentation de l’atelier

5 min animé par Maëliss Le Bricon

 

Cet atelier est consacré à la cartographie et aux paysages sonores qui auront vocation à être partagé.es pour rendre les enquêtes publiques grâce à l’Atlas des cartes d’atterrissage. 

L’enjeu est de pouvoir s’outiller les un.es les autres pour éditer nos propres cartes en ateliers et en dehors. L'intérêt de ces cartes dynamiques et collaboratives, c’est qu’elles permettent de représenter l’évolution de l’enquête et de créer des superpositions de territoires qu’on ne pouvait pas jusqu’ici représenter. 

 

Nous allons co-animer l’atelier avec Clément Bernardeau, créateur sonore, avec qui il sera possible de composer un paysage sonore et un récit d’enquête par la suite.

3 — réveil des sensations physiques

5 min animé par Maëliss Le Bricon

 

+ On se met debout, toujours en cercle et chacun.e commence par masser sa paume de la main droite avec sa main gauche puis la pulpe de chaque doigt. On passe au bras droit qu’on pétrit comme une pâte à pain. On remonte le long du bras petit à petit, puis on arrive à l’épaule où on retrouve souvent des tensions dans le trapèze. On va essayer de décoller le trapèze vers le haut en le pinçant avec toute la paume de la main. Si on baille, c’est bon signe, on laisse aller. Puis on recommence à partir de la main gauche que l’on masse et à partir de laquelle on remonte jusqu’au trapèze gauche. On profite de chaque contact pour respirer et pour sentir chaque mouvement.

On s’occupe du bas du dos, des lombaires que l’on frotte et que l’on tapote avec les poings puis on remonte le long du dos en faisant sortir la voix.

 

+ On se frotte chaque jambe qu’on réchauffe. On prend chaque cuisse qu’on fait rouler avec les deux mains. Puis on pose les mains sur les genoux, pour sentir la chaleur de chaque paume, on reste comme ça quelques secondes. On descend jusqu’aux pieds, qu’on frotte, tapote et gratte.

 

+ Puis on se relève progressivement jusqu’à retrouver la verticalité. On frotte et on claque légèrement nos doigts près de nos oreilles les yeux fermés, et on écoute, on écoute juste. On frotte ensuite les deux mains, que l’on place contre chaque oreille en creux. On le fait une seconde fois, on écoute et on profite de ce petit bain, de ce réveil.

 

+ On laisse les bras descendre le long du corps et on s’ancre dans le sol pour sentir comment la région lombaire peut s’ouvrir à chaque respiration. 

 

+ Entre nos deux mains, on imagine une immense feuille de papier qu’on voudrait compresser pour en faire une toute petite boule de papier compressée entre nos mains : ça demande un effort, il y a une densité, jusqu’à obtenir la boule de papier compressée. Et dès qu’on l’a, on souffle et on la lâche.

 

4 — cercle des prénoms

> 3 min animé par Maëliss Le Bricon

 

+ Une première personne sonorise son prénom avec un geste.

 

+ Tout le monde reprend, en même temps et le plus précisément possible, le geste et le prénom de la première personne.

 

+ On recommence pour chacun.e jusqu’à boucler le cercle des prénoms.

 

5 — counting et tour des concernements

5 min animé par Maëliss Le Bricon

 

  • Chaque participant dit un numéro à haute voix jusqu’à ce que tout le monde ait parlé une fois (s’il y a 10 personnes, on compte jusqu’à 10). On compte dans l’ordre croissant avec comme règle du jeu de ne pas parler en même temps. Si cela arrive, on reprend le décompte à zéro.

 

  • On reprend l’exercice avec les concernements de chacun.e.

 

Mon bien-être personnel et professionnel - Un hôpital public respectueux de l’environnement et de ses salariés - Ralentir - L’ensauvagement dans le cadre de ma création - Enseigner et faire de la recherche tranquillement - Les aspects physiques de la documentation - La prévention santé pour tous dans le respect de l’interdépendance - Comment donner envie à mes petits-enfants et à famille de lutter contre l’urgence climatique - Une nourriture gratuite, saine et durable, pour toutes et pour tous, dans la confiance, et ce en milieu urbain à Bordeaux à moins de 300 mètres de son lieu de vie ou d’activité - La capacité de déplacement de proximité pour toutes et tous qui soit furtive, accessible, écologique, et à un prix juste et décent - Créer un cohabitat serein émotionnellement et administrativement - Le terrain - Le respect et la sécurité des personnes qui ont de l’endométriose - Comment allier mon autonomie et ma mobilité avec le respect de mes valeurs - L'approvisionnement en eau dans la Drôme provençale celle qui vient des nappes phréatiques et pour l'eau potable - L'esprit critique en présence de mes proches - La considération de la rivière Aveyron comme entité multispécifique et agissante à l'échelle de son bassin versant - Ma vie analogique, avoir une vie sans smartphone et les applications qui vont avec - L'acceptation collective que des formes de vie invisibles existent et que nous pouvons faire alliance avec elles pour changer le monde - Du temps pour penser de manière créative en contexte de management de la vie universitaire, c'est-à-dire la gestion et l'organisation administrative des tâches d'enseignement et de recherche

6 — exercice d’écoute

30 min animé par Clément Bernardeau

 

+ On se donne les règles du jeu dans la salle pour ne plus avoir à parler ensuite pendant l'exercice d’écoute. A partir du moment où on quitte la salle, on garde le silence.

 

+ Le premier exercice va permettre de réveiller l’écoute et la sensation de ce que nous fait le son. On va faire une petite balade pendant laquelle on va suivre Clément en silence. Et on va essayer, tout simplement, de lister et de retenir le plus de sons possibles, pour ensuite les partager. 

 

  • Clément emmène le groupe dans une balade qui traverse le Carré-Colonnes : on traverse le grand couloir à l’étage, on descend les escaliers au bout pour arriver dans le hall, puis on sort en passant devant l’entrée du cinéma, pour faire le tour du bâtiment par l’extérieur, longer le marché sur la grande place, avant de revenir dans le hall par l’entrée principale et se retrouver pour la suite de l’exercice.

  • On se met en cercle, et on partage, chacun.e notre tour, un son qu’on a entendu. Quand un son est dit, on ne peut plus le redire. On essaie de lister le plus de sons possibles, et on peut faire plusieurs tours de cercle. Si un.e participant.e n’a plus de sons à partager, il/elle passe son tour, jusqu’à ce que plus personne n’ait de sons à dire.

 

Extraits de la collecte de sons : 

un parapluie qui s’ouvre - la pluie qui tombe sur un velux - une fermeture éclair sur un garde-corps - le tintement de la chaussure sur la barrette métallique des marches de l’escalier - un rire en terrasse - le crissement des chaussures sur le sol - l’écho de nos pas dans un couloir - le ploc d’une goutte de pluie - le bruit de la porte de l’ascenseur - le petit cliquetis de la première porte qui s’est ouverte - le tintement des pièces de monnaie sur la table les unes contre les autres - la voix d’une petite fille à l’entrée - l’eau qui tombe sur ma capuche - les pneus du vélo sur l’asphalte - la VMC - le ding du bouton de l’ascenseur - un bruit de klaxon continue dehors - le son des tasses de la terrasse du bar - des voix humaines provenant du marché - le vent - le brouhaha de l’écho du hall depuis la coursive - le monsieur au téléphone à l’entrée qui dit “je suis devant, pas derrière !” - le frottement de ma veste - le battement des portes - le “merci” qu’on dit des gens quand j’ai tenu la porte - une ambulance - le clic du bouton de l’imperméable que la personne devant moi a fermé - ma déglutition - des doigts qui claquent - des voix qui parlent en espagnol - un homme qui crie au loin - mon rire - quand tu applaudis, le clap des mains - le bruit d’un vélo électrique - le crissement des chaussures mouillées sur le plastique - le trousseau de clefs du gardien - un petit reniflement dans mon dos de quelqu’un qui était enrhumé - une boucle qui se clipse - le bruit d’aspiration de ma cigarette électronique - la soufflerie dans le sas qu’on a traversé -

 

  • Est-ce que, parmi tous ces sons, vous pouvez dire lequel était le plus fort ? Le moins fort ? Le plus proche ? Le plus loin ? Avec cet exercice, on se rend compte de tout ce qu’on entend, et du peu qu’on écoute. On n’aurait jamais pensé à tous ces sons, notamment car notre vision prend le pas sur notre écoute.

 

+ Pour le deuxième exercice, on se met par deux et on se répartit le rôle de le/la compositeur.rice qui aura les yeux ouverts, et de l’auditeur.rice qui aura les yeux fermés.

 

  •  Le/la compositeur.rice va faire une création sonore pour son auditeur.rice en la guidant dans l’espace du théâtre.

  • On distribue aux auditeur.rice un masque occultant qu’ils/elles peuvent porter pour profiter au mieux de la composition.

  • Le/la compositeur.rice tient la main de l’auditeur.rice pour le/la guider, et l’emmener vers des sons qu’il/elle veut lui faire entendre. Les compositeur.rices ont le droit d’agir sur l'environnement : de produire des sons avec leurs chaussures, de frapper un mur, de toucher un papier, etc… Si on veut faire monter quelques marches à l’auditeur.rice, on monte sa main ; si on veut lui faire descendre des marches, on peut baisser sa main. On veille à la sécurité de l’auditeur.rice. Il est interdit de se blesser, le/la guide doit être attentif.ve.

  • Comme pour l’exercice précédent, on ne parle pas. Ça va durer quelques minutes, et Clément dira quand l’exercice se termine.

  • A la fin, quand on se retrouve tous.tes, chaque binôme peut échanger sur ce qu’il/elle a voulu faire entendre, et ce qu’il/elle a entendu. On en apprend alors beaucoup sur l’interprétation des sons, ce qu’on veut dire avec des sons et que les autres en perçoivent. Ça va nourrir les protocoles suivants.

7 — pause

10 min

 

8 — pensée en action : le partage des enquêtes

15 min animé par Maëliss Le Bricon

 

Après ce voyage sensoriel, notre acuité et notre ouïe sont plus fines.

On maintient ce mode d’attention pour les protocoles suivants. 

 

+ On se retrouve en cercle pour partager un extrait du “Public et ses problèmes” de John Dewey sur le processus d’enquête et sa mise en partage par les arts.

 

  • John Dewey propose dans son ouvrage que les citoyens forment une “communauté d'enquêteurs”. C’est exactement ce qui motive le processus d’enquête au sein des ateliers “Où atterrir ?”. On essaie de former cette communauté d’enquêteurs qui s’intéressent et qui se mêlent des questions et des problèmes qui les concernent directement.

  • Le but de l'enquête est d’ “augmenter notre puissance à faire public, il faut développer des outils pour mieux partager nos concernements”. Pour cela, on a besoin de partager un à un “nos préoccupations, nos visions du monde, nos points de vue”, pour pouvoir composer les problèmes, la chose publique. On va avoir besoin des expertises, des points de vie, des terrains de vie de chacun.e.

  • Les méthodes d’enquêtes issues des sciences sociales et de la théorie de l’acteur-réseau permettent de “sortir de nos habitudes et [de] nos catégories de pensée (…) pour mettre dans l’espace public tous les bénéfices des méthodes expérientielles”. 

  • La mise en partage de l’enquête est une étape essentielle, sans quoi l’enquête n’a pas le même effet. Les arts jouent un rôle essentiels, puisqu’ils permettent de représenter, cartographier, mettre en récit pour rendre sensible l’expérience du/de la citoyen.ne-expert.e.

 

 

“La fonction de l’art a toujours été de briser la croûte de la conscience conventionnelle et routinière. Des choses communes comme une fleur, un rayon de lune, le chant d’un oiseau, et non des choses rares et lointaines, sont les moyens avec lesquels les niveaux plus profonds de la vie sont touchés de sorte qu’ils surgissent en tant que désir et pensée. Ce processus est l’art. La poésie, le théâtre et le roman sont les preuves que ce problème de présentation n’est pas insoluble. Les artistes ont toujours été les véritables pourvoyeurs des nouvelles, car ce n’est pas l'événement extérieur en lui-même qui est nouveau, mais le fait qu’il est embrassé par l'émotion, la perception et l’appréciation.”

John Dewey

 

9 — écriture : enquête et boussole

20 min animé par Maëliss Le Bricon et Loïc Chabrier

 

Chacun.e s’installe à une table avec sa boussole.

 

On met à jour l’enquête : si certaines entités ne sont plus là, on les retire et si de nouvelles entités se sont ajoutées, on les place.

 

10 — questionnaire : “Mon caillou c’est…”

20 min animé par Maëliss Le Bricon et Loïc Chabrier

 

Le questionnaire :

 

 1. Quelle est l’entité, activité, indispensable à votre existence et dont vous avez appris que son maintien était menacé ? (votre concernement)

 

2. Décrivez votre caillou dans votre chaussure, et en quoi il vous fait mal au pied, quand vous marchez (ce qui menace votre concernement, la somme de toutes vos entités menaçantes) : “Mon caillou dans la chaussure, c’est…”

 

 3. Décrivez un moment où vous vous êtes adressé à quelqu’un pour accéder à une ressource ou mettre en place une action dans le cadre de votre enquête (utiliser le discours direct “…”) (un moment, une scène, un souvenir, un mail, un coup de fil, un café…) : vous pouvez le retranscrire comme c’était une scène. On écrit de manière précise, car lors du partage, on lira scrupuleusement ce que l’on a écrit.

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11 — partage : “Mon caillou c’est…”

30 min animé par Maëliss Le Bricon et Marion Albert

 

1. Mon lieu de vie et mon mode de vie, une maison en indivision et en cohabitation, ma gestion et mon utilisation de ce lieu

2. Mon cailloux dans la chaussure, c’est le PLU vide sur le sujet du cohabitat et du logement partagé ; le code de l’urbanisme et le code de l’habitation incomplets ou flous ; les voisins intrusifs, conflits de voisinage, agressions verbales ; la mairie ou plutôt l'inaction de la mairie à dire stop au voisin.

3. Ils ont demandé un rendez-vous avec l’élu, faites pareil, affirmez vos droits. | Nous sommes propriétaires et nous ne pouvons vivre comme nous le désirons chez nous : où sont nos droits ? On dirait qu’ils reviennent à ceux qui crient le plus fort. | Qu’est-ce qu’ils en ont à faire ? ça ne les regarde pas. (le conciliateur de justice) | La ZFE est une mise en place pour diminuer les particules fines : les voitures anciennes vont être limitées à la circulation, on va encourager les mobilités alternatives. Le PLU oblige certains logements à avoir une place de parking ou plusieurs : quand sera-t-il prévu une révision du PLU à ce sujet lors d’une concertation de la ZFE à Cenon ? (l’adjointe au maire) | Quelles sont les permanence du sénateur pour mars lorsque nous voulons prendre rendez-vous pour en discuter ?

 

1. La capacité de déplacements de proximité pour toutes et tous, accessibles, écologiques, furtifs à un prix juste et décent

2. Mon cailloux dans la chaussure, c’est la décision publique obsolète au regard des nouvelles expériences, savoirs, et des incertitudes et enjeux de résilience pour le territoire, à propos de la LGV.

3. Bonjour, excusez-moi, je ne comprends vraiment pas, pouvez vous nous expliquez pourquoi les billets ouverts ne sont plus valables ? (lors d’un contrôle dans un train, un samedi matin, où 5 ou 6 étudiants se sont vus prendre une amende alors qu’elles avaient un billet qui n’était plus valable dans ce TER, et pas dans un autre, privatisation des lignes et des compagnies de chemin de fer).

 

1. Mon ensauvagement dans dans le cadre de ma création

2. {radicalité nécessaire pour un travail en profondeur, préserver les sauvages} (...) La diffusion de la pratique est indispensable à sa vitalité mais réduit son propos. Mon caillou est aussi une contradiction qui m’est propre, de désirer un propos assumé sur la couleur et ses propriétés thérapeuthiques, libératrices, sans le formuler. Autre caillou : le don de soi pour la cause collective, c’est une injonction, que je vis comme une injonction. Cause collective, climatique.

3. C’est une adresse au maire d’Arès pour la création d’un jardin de plantes tinctoriales. A ça, il répond : “nous n’allons pas coller les projets au même endroit,l’espace le long du chemin des lapins est immense, il faut le remplir”. A ma demande si la ville pouvait mixer artistes locaux et artistes venus d’ailleurs, ils me répondent : “nous faisons venir des collectifs d’artistes de l’extérieur, et toi qui est d'Arès, tu n’as qu’à aller propager la parole arésienne ailleurs”.

 

1. Le terrain au sens large, le terrain professionnel, dont le fait de sortir à l’extérieur et d’être sur le terrain, mais également le terrain de vie, la terre où je vis, le terrain où j’habite, et bien sûr la terre au sens large, c’est pour ça que j’ai appelé mon concernement le terrain, qui inclut le terrain professionnel, mon terrain de vie et la terre.

2. Mes cailloux dans la chaussure au niveau du terrain professionnel, c’est les poids des logiques administratives, technocratiques, informatiques, donc la place que prend le dedans (le bureau), mais toutes les formes du dedans ou d’être ou sur le terrain, d’être dehors, au grand air, à l’extérieur. Le caillou dans la chaussure, c’est aussi l’absence, l’éloignement du lien direct sur le terrain avec les enfants, d’être au contact direct avec les enfants, et les personnes qui travaillent avec eux. Le caillou dans la chaussure, c’est également l’absence d’activités d’apprentissage, autour des enjeux du terrain au sens de toucher la terre, mettre les mains dans la terre, et du coup de faire des activités manuelles, du coup on s’éloigne des activités manuelles mais aussi de la place du corps, dans ces activités manuelles. Et au niveau des cailloux dans la chaussure dans le terrain de vie et professionnel, c’est de voir l’état de la terre, la sécheresse, le manque d’eau, et l’état du vivant.

1. Ralentir mon rythme de vie, prendre du temps pour les autres, pour moi.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est le trop grand nombre de tâches, d’activités à accomplir en une seule journée, concilier à la fois vie familiale, vie professionnelle, du temps pour soi, etc etc.

3. La petite action que j’aurai faite, en lien avec le concernement, sur le site web de la médiathèque de Mériadeck, je consulte la programmation de la Fabrique du citoyen dédiée à cette thématique : ralentir.

 

1. Une nourriture saine, gratuite et durable, pour toutes et pour tous, dans la confiance, à Bordeaux, à moins de 300 mètres de son lieu de vie et / ou d’activité.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est la sensation, voire la peur de la sensation de faim : il m’a mis l’estomac dans les talons, au sens propre du terme, donc bien dans la chaussure, sauf lorsque je marchais pieds nus. Maintenant, parfois, le partage de l'abondance avec deux familles vivant dans une résidence sociale, et avec des personnes rencontrées dans la rue, me questionne. Et comment gérer l’abondance ou le manque, comment gérer le partage, qui n’est pas toujours évident pour moi ?

3. J’ai écrit un courriel et auprès un rendez-vous auprès d'Apolline Beyris-Duvignau, chargée de projet au Conseil Consultatif de Gouvernance Alimentaire de Bordeaux Métropole, pour présenter mon concernement, ma boussole, avec l’idée que le projet Food Trails, financé par l’Europe, résoudrait mon concernement. Appoline me répond directement : le programme Food Trails ne s'intéresse pas aux individus, encore moins à ceux qui sont vulnérables, éprouvés, invisibles. Woaw, quelle douche froide. Mais Appoline m’indique une piste à l’Agenda21 auprès de Julie ; et surtout, mon cerveau fait tilt, et je vais me rapprocher de la chargée de mission du Centre Communal d’Action Sociale de Bordeaux (CCAS). 1 : c’est plus sur mon territoire de concernement, 1 seule ville / Bordeaux, et non 28 communes. 2 : je connais l’interlocutrice Morgane Scouarnec, qui auparavant pendant plus de 3 ans a créé le Conseil Consultatif de Gouvernance Alimentaire Durable de Bordeaux Métropole (j’ai participé aux réunions plénières, aux groupes de travail, au comité de pilotage). 3 : Morgane qui prend un nouveau poste qui passe de Bordeaux Métropole au CCAS de Bordeaux n’est pas encline à partager, échanger. Il lui faut prendre la mesure de l’administration, de la cité et de la mairie de Bordeaux. 4 : j’entre au collectif girondin de la sécurité sociale de l’alimentation, dans sa période expérimentale : pour le CREPAC expérimentation auprès des étudiants et d’une caisse locale ; pour VRAC Acclimat’Action sur 4 zones du département, dont des quartiers prioritaires de la ville de Bordeaux (Bacalan, Benauge). J’entre comme suppléante d’Isabelle selon ses absences au total pour cette expérimentation. A ce jour, je n’ai vécu qu'une réunion le 8 décembre 2022. Mais, et puis, j’ai des retours oraux par Isabelle au fur et à mesure. 5 : je m’implique dans le collectif girondin de la sécurité sociale de l’alimentation. Je propose et anime un cercle Samoan sur la sécurité sociale, une utopie réaliste. La préparation est intense avec divers partenaires, et une transmission de l’outil d’animation. C’est une réunion plénière vers septembre 2022, préparation des journées régionales du CREPAC REGAL : “Et un cercle Samoan, ça vous dit comme animation ?” “Quoi ? Qu’est-ce que c’est ?” “C’est une possibilité d’être entendu de toutes et de tous, et d’exprimer librement son opinion, sa position, ses interrogations, et d’être entendu.” 5 bis : je suis sollicité en janvier 2023 et je répond favorablement à une proposition d’animation de world café (café du monde) pour la nuit des idées à la salle des fêtes du Grand Parc pour le 18 mars 2023. Je m’imprègne auparavant dans le quartier en participant à un atelier cuisine avec l’association Local Attitude le 21 février 2023 dans le centre d’animation du Grand Parc.

1. Ma vie analogique, la possibilité de mener une vie normale sans le smartphone ni les applications qui vont avec

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est que j’ai peur qu’un jour je ne puisse plus louer un vélo car il faut avoir une application, ou que je ne puisse pas louer un box pour garer mon vélo dans une gare. J’ai peur, concrètement, qu’à Barcelone, où je passe beaucoup pour aller à Madrid, je ne puisse plus louer un box pour garer ma valise dans la gare de bus, et pouvoir me promener à Barcelone quand c’est l’après-midi. Et ma banque me menace avec la possibilité de ne plus accéder à ma banque en ligne si je n’ai pas l’application, et donc ça me menace car je ne peux pas acheter sur internet, pour prendre mes billets de train par exemple. Mon caillou dans la chaussure, c’est aussi le discours technophile aveugle et l’inertie et le manque de critique par rapport à la technologie et à son étendue. Mon caillou dans la chaussure, c’est aussi les investissements publics en solutions uniquement technologiques pour résoudre les problèmes. C’est aussi la 5G, et apparemment la 6G, et c’est aussi les entreprises d’extraction des terres rares et les lois qui permettent l’activité de ces entreprises extractivistes.

3. J’ai demandé à un ami, sur une association toulousaine qui fait une revue qui s’appelle “Ecran total”, qui combat l’imposition de la technologie. J’ai demandé aussi à la bibliothèque universitaire de Toulouse si je peux continuer à louer des livres sans passer par la machine.

 

1. L’approvisionnement en eau saine, des habitants de la Drôme, du robinet à la rivière

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est d’avoir été privée d’eau potable cet été à cause d’une bactérie dans les nappes phréatiques, et de devoir boire de l’eau en bouteille en plastique. Ne pas pouvoir me baigner dans la rivière, à cause des bactéries. De voir l’eau se raréfier dans le paysage, les gorges s’assécher. Comprendre que la faune et la flore sont fortement impactés, voir une cigale se jeter dans l’eau.

 

1. Enseigner et faire de la recherche tranquillement.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est le fait d’être en CDD dit loi LRU, c’est contraignant puisque cela m’oblige, d’une certaine manière, à chercher du travail tout en faisant mon travail. Par ailleurs, la charge administrative, la communication mail, la chronophagie des réunions parasitent fortement ma disponibilité pour un travail tranquille de recherche et d’enseignement.

3. Entre autres démarches de cette enquête, j’ai rencontré une ex-vice-présidente et ex-directrice de collège des sciences de l’Homme de l’université de Bordeaux pour mieux comprendre ma situation. Cela m’a permis, notamment, de prendre connaissance de ce que l’université appelle joliment le “glissement vieillesse / technicité”.

 

1. Les aspects physiques de la documentation : contact, mouvement, rencontre.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est que mes recherches d’informations sont déconnectées du réel et solitaires, très numériques, je m’isole, je ne vois personne, et j’ai peur d’être trop dans mon monde, je ne bouge pas de mon fauteuil.

3. J’ai dit à Loïc ici-présent que nous avions un concernement proche.

 

1. Mon bien être personnel et professionnel.

2. Mon caillou dans la chaussure, ce sont mes proviseur·es qui font de l’ingérence dans mon accueil des élèves à l’infirmerie, leur malveillance et leur mauvaise foi vis-à-vis de moi et aussi vis-à-vis des familles et des élèves ; l’absence de ma fille adoptive Fania et son silence, depuis le confinement ; ce sont aussi les risques naturels qui augmentent et qui impactent directement mon bien-être personnel, et notamment les feux de forêt et les inondations qui peuvent me concerner directement.

3. Je me suis d’abord adressée à Gilles, qui n’est pas ici présent, mais qui fait partie {des ateliers Où atterrir}, qui m’a fourni les rapports par mail, certains rapports sur le fonctionnement d'Ariane Group ; Bruno, qui est un élu de la commune, qui fait parti aussi {des ateliers Où atterrir}, que j’ai rencontré ici, et qui lui m’a fait travailler sur le document communal des risques majeurs, puisque je suis aussi formatrice aux risques majeurs. Deux autres qui me soutiennent : par rapport à mes conflits avec les chef·fes d’établissement, mon syndicat infirmier qui peut me défendre, et également le docteur Eleonore Emerit qui est ma psychiatre, qui m’aide, et qui me soutient psychologiquement.

 

1. La prévention santé pour tous avec un regard respect et connaissance, prise en compte de l’interdépendance

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est la non-prise en charge de la notion de prévention et d’interdépendance depuis l’éducation des enfants et les répercussions que cela peut avoir sur des notions qui sont relativement simples et très holistiques. (...)

 

1. Mon esprit critique en présence de mes proches.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est la difficulté à communiquer avec mes proches qui me paralyse, qui me rétrécit le cerveau, qui me transforme en poulet sans tête, qui finit par me brûler l’estomac et hanter mes nuits dans des cauchemars effrayants pendant des semaines.

3. Un moment d’enquête : “Bonjour Anne-Sophie ! Bah, merci beaucoup de m’accorder ce temps, donc voilà, je mène une enquête personnelle dans le cadre de “Où atterrir ?” et c’est beaucoup en lien avec les médias, de comment on s’informe, et puis aussi les opinions, beaucoup les clichées, et donc comment est-ce qu’on peut, enfin, comment est-ce qu’on fait avec ces clichés et puis les personnes de qui ils sortent, comment on fait pour garder du doute et discuter ? Et donc j’avais envie de te poser quelques questions en lien avec mes propres questions… Ok ! Aller ! Alors la première question :”.

 

1. Du temps pour penser de manière créative en contexte de management universitaire, c’est–dire la gestion et l’organisation administrative des tâches d’enseignement et de recherche.

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est la double folie de l’organisation officielle bureaucratique de la vie universitaire : 1. D’une part, un sous-financement des universités publiques en sciences humaines et sociales qui mène à une diminution des ressources et des postes, il faut sans cesse travailler plus pour gagner moins, ce travail purement administratif et gestionnaire m’éloigne de ce pourquoi j’ai choisi de faire de la philosophie mon métier, la passion de penser et le partage de cette passion. 2. D’autre part et conséquemment, le manque de postes et de promotions à l’université publique mène à des conflits d’égo constants, tant au niveau des batailles de CV (on veut toujours un article ou une conférence prestigieuse de plus que le collègue d’en face, donc on bosse tout le temps sans toujours y trouver de sens véritable), qu’au niveau des frustrations et conflits

entre collègues qui se durcissent, pourrissent la vie et deviennent une charge mentale.

3. Mail envoyé à la rentrée de septembre 2022 aux membres du département de philosophie de l’université Toulouse 2 : “(...) Enfin, afin de nous concentrer sur le coeur de nos métiers, c’est-à-dire l’enseignement et la recherche, je vous invite à éviter d’envoyer des messages qui ne sont pas des urgences vitales le soir, les week-ends et en période de congés ; et si vous avez une urgence vitale, autant appeler les urgences que d’envoyer un mail à vos collègues. Deux autres points qui ne sont pas en discours direct : j’ai fait un zoom avec Steven en janvier 2023 pour échanger sur les recoupements entre nos boussoles, et je laisse flotter depuis plusieurs mois auprès de mes collègues toulousains l’idée d’un collectif de travail “Soin et écologie mentale dans le travail universitaire”.

 

1. Comment donner envie à ma famille, mes petits enfants de lutter contre le réchauffement climatique et ses effets

2. Mon caillou dans la chaussure, c’est qu’au cours de l’enquête, je suis passée de l’idée de mon premier concernement qui était “transmettre des informations de contenus” à l’idée de “donner envie” de lutter contre le réchauffement climatique. Je trouve donc maintenant des ressorts psychologiques que je dois prendre en compte. Je me retrouve à devoir lutter contre la séduction médiatique et son système de récompenses dans un milieu social privilégié - en effet, mes enfants travaillent dans l’audiovisuel, la pub et les réseaux sociaux. Ce milieu qui privilégie le “toujours plus” en “donnant envie de”. Il faudrait que je donne “envie de moins” qui serait mieux collectivement et universellement. Ils ont les informations, ils connaissent le constat, mais comment leur donner envie d’être acteur ?

3. Les moments, il y en a deux. Le premier, c’est lors de la rencontre de novembre, pendant le déjeuner, j’ai eu un échange avec Loïc sur nos concernements qui ont des points communs, et à un moment donné il m’a dit : “est-ce que c’est un problème d’information par rapport aux enfants ?”, à quoi j’ai répondu : “non, c’est plutôt l’idée de comment on transmet une information sans créer d’éco-anxiété”. Et alors Loïc m’a fait la remarque suivante : “est-ce que tu as toi-même une éco-anxiété ?” J’ai eu un petit temps de réflexion, et effectivement, c’était là le problème : j’ai une éco-anxiété, et je ne veux pas la transmettre, donc ça m’a fait avancer sur ma boussole. Et un deuxième temps qui est tout récent, d’il y a deux jours : je me suis portée volontaire en janvier 2023 pour faire partie de la Convention Citoyenne à Saint-Médard. Et il y a deux jours, lors d’une conférence sur la décarbonation, proposée par les Shifters qui proposaient un débat citoyen en vue de cette convention, Bruno, qui est un élu qui a été avec nous pendant un temps, m’avait adressé une dame pour échanger sur le collectif de transition dont je fais partie (je fais partie de Saint-Médard et Saint-Aubin en transition). En discutant avec cette dame, nous sommes arrivés à l’idée qu’il y avait des freins psychologiques - il faut dire que cette dame est psy -, et que malgré les informations que l’on peut transmettre, cela ne permettait pas toujours d’entrer dans l’action, voir même souvent, il y avait des freins, et elle m’a dit : “comment donner l’envie d’agir ?”. Et ça a immédiatement résonné avec mon concernement, et je me suis dit : “je vais peut-être modifier le “transmettre” pour “donner envie”.” C’est pour ça que j’ai ce nouveau concernement. ça m’a libéré aussi du coup, en écrivant je vois, du poids de transmettre mon éco-anxiété.

 

1. Un hôpital public plus respectueux de l’environnement et de ses salariés

2. Mes cailloux : 1. L’automatisation des gestes du quotidien, rapportée par les techniciennes de laboratoire ou les aides-soignantes. 2. L’interchangeabilité des personnes, qui sont des propos rapportés par une collègue bio, qui est partie à la retraite plus tôt que prévu, car pour elle c'était vraiment insoutenable : les salariés de sont pas des pions. 3. La non-considération des compétences de chacun remplacées par des procédures. 4. La vision toujours à court terme, que ce soit pour les actions, les budgets, sans lien avec l’impact climatique. 5. Une législation non-adaptée à ce changement climatique. Avec les conséquences : 1. La perte de sens. 2. La perte d’attractivité de l’hôpital, les départs en masse. 3. Les lits fermés. Et 4. La fin de l’hôpital public.

3. Donc je décris un moment d’échange, qui m’a été inspiré par ce que nous avons échangé ici précédemment : “Bonjour, merci de me recevoir (là c’est la rencontre avec un de mes supérieurs hiérarchiques, un des directeurs de l’hôpital), je suis devant vous à double titre : en tant que copilote de la transformation écologique au CHU de Bordeaux, et du dispositif des unités durables, mais aussi en tant que citoyenne. En effet, très intéressée par la question de la transition, je participe à l’expérimentation “Où atterrir ?” lancée par Bruno Latour, et mon sujet est : un hôpital public plus respectueux de l’environnement et de ses salariés. Après 18 mois d'expérimentation, je m’interroge et propose le travail sur les unités durables comme modèle de gouvernance à l’hôpital. Pourquoi ? Par la dynamique engendrée, par la pertinence des solutions proposées, l'intérêt pour les salariés : le sens, la créativité, et ses liens possibles avec l'attractivité. Ce modèle de gouvernance, plus horizontal, ne pourrait-il pas traiter d’autres questions dans l’hôpital, comme l'organisation au sein des équipes, ou la qualité de vie au travail ? Qu’en pensez vous ? J’aimerais avoir votre sentiment.”


 

12 — pause déjeuner

1h30

13 — maquette sons

20 min animé par Maëliss Le Bricon

 

+ Chacun.e écrit sur chaque post-it les sons, sensations, entités qu’ils souhaitent intégrer à sa maquette sonore. Si j'emmenais quelqu’un au centre de ma boussole, comment ça sonnerait ? 

 

+ Chacun.e écrit à partir du questionnaire précédent ce qu’il souhaite dire dans sa maquette sonore pour présenter son concernement, son caillou et/ou son enquête. Il est aussi possible d’insérer d’autres textes, ou d’autres sons.

 

14 — sonogramme

20 min animé par Maëliss Le Bricon, Clément Bernardeau et Loïc Chabrier

 

+ A partir des multiples sons et des fragments de textes choisis, chacun.e compose un paysage sonore avec un récit d’enquête. On agence les matériaux sonores ou textuels sur la bande son pour créer des bandes sonores qui serviront de base de travail avec le créateur son.

15 — présentation de l’Atlas des cartes d’atterrissage

10 min animé par Maëliss Le Bricon

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